bLUeS fRoM mArS – The New Album

Blues from Mars with Love « Les signes s’étalaient devant mes yeux… mais ils étaient destinés à mes oreilles : Il y avait ces moteurs de la fusée Starship : les 33 Raptors, autrement dit «rapaces», hurlant dans le paysage terrestre, où les uns s’enrageaient contre les autres pour régler des affaires du passé, où les milliardaires se jetaient des sarcasmes pour s’attribuer le contrôle du futur, bien inutilement d’ailleurs, parce que Al Comet, à son habitude, y était déjà, en avatar du Peace and Love.
Déjà bien plus loin que la ionosphère, la mésosphère et l’exosphère, plus loin que la lune, en fait, plus loin qu’Alan Vega. Toujours plus loin mais capable d’envoyer des messages de n’importe quel point de l’espace-temps par ses réseaux vibrant hors de toute compréhension rationnelle.  »

Et tandis que ses amis Indiens plaçaient brillamment un engin sur la lune avec une fusée à douze francs, Cometo développait autre chose que des moteurs carnivores, il reprenait ses plans de sitar pour en faire un engin tout à fait classique, assez merveilleux, en forme de GUITARE… et par la pratique de la méditation, véritablement travaillée sous les auspices de gourous patentés (avec plus de sérieux que Harrison and Co.), il s’est ainsi facilement retrouvé, en lévitant, bien avant tout le monde, sur Mars !

La rouille martienne méritait un traitement électrique, j’en rêvais depuis l’album Taj Mahal Mafia, et Cometo avait dans sa valise de pionnier tout ce qu’il fallait pour déchargerquelques éclairs dans son style bruitiste inimitable, coups de sabre-sampler, plugins explosifs, question d’installer son campement sous une coupole de sable fondu ressemblant par sa courbure au Taj Mahal. Pour mieux tétaniser le dieu de la guerre ! Avant de terraformer en bleu les dunes rouge de fer.

Peut-être pensa-t-il, dans cette nouvelle colonie personnelle, aux déportés africains de l’Amérique, aux ancêtres de Henry St Claire Frederiks, aka Taj Mahal, le pionnier du blues contemporain ? Ou songea-t-il à certain milliardaire amazonien qui projette de lancer vers la lune cet appareil nommé Blue Origin ? Ironie certaine, parce que le soir, ou le matin très tôt, la planète bleue s’élève dans le ciel martien sous les yeux de Cometo, et il y a de quoi lui flanquer le blues et lui rappeler ses origines… dont le nom est Home!

Il faut chercher la voix. Al Comet la retrouvée, en plus chaude que celle de Robert Johnson (et si Robert a fait un pacte avec le diable, que dire des Beatles ?), plus profonde que celle de Muddy et Roger Waters ou celle de J.L. Hooker. Il revient vers ses premières traces dans l’histoire de la musique, et pourrait prouver à n’importe quel officier d’immigration que sa mère l’a mis au monde (ou l’a fait apparaître) dans un virage du Mississippi. Le style, l’accent, les soupirs, tout y est. C’est du vrai, même le créole des paroles. Al Comet est un vrai bluesman.

J’en suis encore sous le coup, c’est la meilleure chose qui pouvait arriver au Blues depuis l’invention par l’univers de J. Hendrix et S.R. Vaughan ! Et c’est un aviateur au talent héréditaire pour le vol plané, issu de la candeur européenne qui a fait cet album. Mais je soupçonne le Mahadev Cometo, si pertinent dans le renouvellement de cette musique, d’avoir travaillé dans des champs de coton, en Inde ou Louisiane.

Et peut-être que le coton se fume comme la moquette, ce qui expliquerait la force enthéogène, empathogène, entactogène et revitalisante de ce nouvel album où les solutions de fusion Occident-Orient précédemment découvertes par Cometo ont permis cette nouvelle fabuleuse synthèse classique-futuriste, électro et blues essentiellement diachronique cette fois, si vous me permettez… Et soudain, dans la composition numéro 10, dans un développement magique, Al Comet nous fait revivre l’invention du Rock’n Roll ! Dans cette extase, en final pertinent, le numéro 11 nous procure une véritable near-death experience, refoulant les forces obscures au moyen d’un mantra d’une puissance ineffable :
«1, 2, 3 », répété dans toutes les langues de la galaxie. Et le tout vous repose en douceur dans le Pacifique (and Love) au moyen de ses trois parachutes géants.

En écoutant Blues from Mars, on apprendra comment retrouver sa voix, comment identifier les blue devils de notre époque et s’en débarrasser, et pourquoi le Rock’n Roll était une créature inévitable. Et de cette manière il devient bien plus facile de rentrer chez soi.

OM, Home.

En attendant son punk de Vénus,

Thierry Genoud

Planète Terre, mars 2025.

English translation


«bLUeS fROM mArS wiTh LOVE » by Thierry Genoud, 2025.

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